La spiritualité chrétienne, source de l’action de Leymah Gbowee, Nobel de la paix 2011

mardi 22 décembre 2015

La Libérienne Leymah Gbowee, co-lauréate du Nobel de la paix 2011, était au Centre de rencontre FREE de Morat le 29 octobre dernier. Interrogée dans le cadre de l’émission TV Ciel ! Mon info, elle a donné un extraordinaire témoignage sur les motivations chrétiennes de son engagement non violent. Rencontre.

Dans votre livre « Notre force est infinie », vous mentionnez souvent la Bible. Que représente la lecture de la Bible pour vous ?

Pour moi, la Bible est le livre de la vie. C’est le livre où vous allez quand vous avez besoin de force, de sagesse ou de consolation. En tant qu’enfant, ce livre était très présent dans notre famille. En tant qu’adulte qui ai trouvé Dieu pour moi-même, c’est devenu la représentation de la vie et un voyage qu’il est facile de faire si on comprend la signification de son contenu. Pour moi, la Bible est source de vie.

Vous avez une affection particulière pour le chapitre 54 du prophète Esaïe. En quoi ce texte a-t-il joué un rôle important dans votre vie ?

A un moment de ma vie, je ne savais plus très bien où j’en étais. Un matin, je suis allée dans la salle de bain. J’ai ouvert la Bible et une voix m’a dit de l’ouvrir au chapitre 54 du prophète Esaïe. Jusque-là, je n’avais jamais lu ce chapitre. J’ai commencé à le lire et j’ai découvert qu’il était question d’une femme stérile… Je me suis dit : « Ce n’est pas de moi dont il s’agit ! J’ai déjà des enfants. » Mais plus je lisais ce texte, plus je réalisais qu’il s’adressait à moi. Encore aujourd’hui, il y a des éléments de ce texte qui me parlent : « Assure les piquets de ta tente. Allonge tes cordages… » Ce passage a été décisif, par exemple, dans l’adoption d’enfants qui n’étaient pas les miens. Il souligne aussi que Dieu est avec moi chaque jour et qu’il est à mes côtés quoi que je fasse.

Dans des moments difficiles, quel rôle ont joué les promesses que renferme Esaïe 54 ?

Je ne traverse pas de difficultés sans me tourner vers ce texte de la Bible. Il y a quelques années, quand on a menacé de m’assassiner, je me suis tournée vers ce texte et j’ai lu dans la suite de ce chapitre : « Toute arme fabriquée pour te faire du mal n’atteindra pas son but, et tu pourras confondre tous tes accusateurs en jugement… »

Quand je lis cela, je peux dormir en paix. Je sais que Dieu me parle. Quand j’ai des soucis à propos de mes enfants, je retourne à ce texte et j’en récite certaines parties qui disent que la paix de mes enfants sera grande et qu’ils seront instruits par le Seigneur. Je dis aussi au Seigneur : « Si tu m’as donné cette promesse, il n’y a pas de raison que mes enfants ne connaissent pas le succès dans ce qu’ils entreprennent. »

Les femmes avec lesquelles vous avez lutté pour la paix au Libéria priaient beaucoup. Qu’apportait la prière à votre combat ?

La première chose que la prière nous a apportée, c’est de nous rapprocher de Dieu. Elle nous a permis de comprendre qu’il n’y a pas de chemin qui nous permette de réussir dans ce que nous entreprenons sans son amour et sa protection divine. La prière a aussi été la première étape pour galvaniser notre énergie, afin d’accomplir nos actions pour la paix.

Qu’a représenté la personne du Christ dans votre combat durant la guerre civile au Libéria ?

J’ai accompli ce que j’ai fait en tant que chrétienne. Ça a été l’occasion de reconnaître Jésus comme le Seigneur de ma vie. Il est le Seigneur de mon travail. Il est le Seigneur de tout ce que j’ai fait. Au travers de nos protestations, nous les femmes chrétiennes, nous avons reconnu quotidiennement la souveraineté de Dieu, de Jésus-Christ et du Saint-Esprit.

Propos recueillis par Serge Carrel

Cette interview est tirée de l’émission Ciel ! Mon info à voir sur lafreetv.

La conférence que Leymah Gbowee a donnée à Morat le 29 octobre à Morat est aussi disponible sur ce site.

Il est possible de commander un DVD avec ces deux contributions au prix de : 19.-.

  • Encadré 1:

    Bio express

    Colauréate 2011 du prix Nobel de la paix à 39 ans, la Libérienne Leymah Gbowee a contribué à mettre fin à la guerre civile qui a ravagé son pays de 1989 à 2003. Cette mère de famille est devenue l’une des leaders du « mouvement des femmes en blanc » qui ont poussé, pendant la Seconde Guerre civile du Libéria (1999-2003), le dictateur sanguinaire Charles Taylor à quitter le pouvoir. Engagée dans une Eglise luthérienne, Leymah Gbowee s’est associée à des femmes musulmanes dans son combat pour la paix.

    Leymah Gbowee, Notre force est infinie, trad. de l’américain par Dominique Letellier, Paris, Belfond, 2012, 350 p.

Serge Carrel

Serge Carrel est au bénéfice d’une formation double: théologique et journalistique. Après dix ans de pastorat en France et en Suisse romande, il a travaillé huit ans comme journaliste aux émissions religieuses de la RTS. Aujourd’hui formateur d’adultes et journaliste en lien avec la Fédération romande d’Eglises évangéliques (FREE), il essaie de tirer le meilleur parti de ce double ancrage. Que ce soit dans le cadre du FREE COLLEGE, de lafree.ch, de Vivre ou de la fenêtre chrétienne de MaxTV.

Formation reçue

Master en théologie (UNIL, 1986)
Centre romand de formation des journalistes (RP, 1996)

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