De la rue à l’identité retrouvée

mardi 26 février 2019

Elle l’a écrite en quatre semaines et vient de recevoir le feu vert de son éditeur parisien : la vie de Christine Gallay sera publiée cet automne. Elle y met en avant le rejet vécu enfant et l’identité qu’elle a retrouvée en Dieu.

C’est chez elle, dans un quartier de maisons aux murs orange, autour d’une tarte et d’un café que Christine parle. Un peu. Derrière sa frange, elle confie d’abord à demi-mots des bribes de son histoire. Celle de la rue, où elle a vécu de l’âge de 16 à 18 ans. Où il n’y a pas d’espérance. Que violence et souffrance. Avec de la pudeur dans le regard, elle se lève, va chercher le manuscrit de sa biographie, bien rangé dans une fourre noire A4, bientôt publié aux éditions Première Partie à Paris, et exprime d’un seul jet, pleine d’émotion : « Ma trajectoire de vie, j’aimerais qu’elle puisse être utile à d’autres. Par ces pages, je veux dire que les personnes qui vivent dans la rue peuvent s’en sortir. J’aimerais qu’elles comprennent qu’il leur faut oser chercher de l’aide. » Elle feuillette les pages, lis quelques mots de son introduction : « Quelle que soit ton existence, quelles que soient les difficultés auxquelles tu fais face, une lueur brille dans l’obscurité. (Elle pleure). J’en suis certaine : aucun tunnel ne reste sans issue, aucun gouffre sans débouché ».

Des années de larmes

Derrière ses lunettes, Christine plisse les yeux, les essuie de sa main et les fixe dans ceux de son interlocutrice : « Oui, c’est ça que je veux dire aux gens de la rue : tu n’es pas oublié ! Et puis, j’aimerais jeter un pont entre deux mondes. Parce que je souhaite aussi encourager les lecteurs qui découvriront un univers qui leur est inconnu à s’ouvrir au toxicomane ou au clochard qui se trouve au coin de leur rue. Qu’ils osent un geste, un regard. »

Sans vouloir déflorer le livre à paraître, cette femme, 57 ans, aujourd’hui mère de trois jeunes adultes et mariée à Marc, pasteur de l’église évangélique de Lonay (FREE), partage ce qu’elle a vécu enfant, adolescente puis jeune adulte en montrant un tableau qu’elle a peint : une personne ramassée sur elle-même, à terre, dans des tons brun rouille. « J’ai exprimé dans cette toile le rejet que j’ai vécu. L’abandon aussi. Des années de larmes. »

« Dieu sait faire exister quelqu’un »

D’une fratrie de 6, Christine évoque ce passé qu’elle a dû revisiter pour en guérir. « Ce qu’on vit, enfant, reste bien marqué dans son ADN, jusqu’à ce qu’on ouvre la porte à cette période où se cachent parfois de grandes souffrances », commente-t-elle. Puis elle dit aussi la drogue consommée et dont elle parle aujourd’hui comme d’une fuite. Et, tout d’un coup, nomme Dieu : « J’avais vu la destruction, l’enfer, je connaissais la puissance du mal. Et là, Dieu m’a rejointe. Et j’ai eu une foi totale en lui ! »

Et cette femme étonnante de parler alors de ce Dieu en termes clairs, directs : « Dieu voit les gens. Il sait faire exister quelqu’un. Le mettre en valeur. Lui rendre son identité. Je l’ai vécu. Je vis maintenant une relation avec Lui, et c’est ça que je veux transmettre ! »

Gabrielle Desarzens

 

  • Encadré 1:

    Ce que je crois : je crois que dans nos vies, nous avons le potentiel de choisir et d’aller de l’avant. Je crois que, comme dans un tableau, le noir et la souffrance mettent la lumière en évidence.

    Ce que je ne crois pas : Je ne crois pas que le monde est bisounours...

    Ce que je ne crois plus : je ne crois plus que les autres m’apporteront ce dont j’ai besoin. J’ai fait le deuil de l’attente des autres.

     

     

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