À l’école, Alexandre et Jérémie de Pablos n’aimaient pas lire. Mais leur rencontre avec Jésus-Christ, à 18 ans, et leur désir de se former théologiquement a changé la donne. Non seulement ces jumeaux issus de l’Église de Châble-Croix (FREE) nourrissent leur foi par la lecture, mais ils viennent de publier le livre « Simple comme bonjour – annoncer Dieu au quotidien » (éd. Première Partie). Car ils en sont convaincus : évangéliser est à la portée de tout chrétienne et chrétien ; et les gens sont plus ouverts à parler de Dieu qu’on ne l’imagine.
Le 28 mars, le vernissage avait lieu à l’Église évangélique de Réveil de Genève, où Jérémie de Pablos officie an tant que pasteur jeunesse. Rentré de Cambridge, où il effectue un master en théologie et travaille pour les Parcours Alpha, Alexandre était aussi présent pour cette présentation sous forme d’interview. La soirée – à laquelle ont participé plusieurs groupes de jeunes – s’est terminée par une séance dédicace. Si le livre est facile d’accès à tout public, les jumeaux suggèrent de l’utiliser pour des formations ou d’effectuer une lecture communautaire, par exemple en groupes de maison, afin de s’encourager mutuellement.
L’évangélisation, un mode de vie
À la question, « c’est quoi l’évangélisation ? », Alexandre et Jérémie répondent que c’est simplement partager ce qu’on a expérimenté avec Dieu ; aller vers l’autre avec ce message qui a changé notre présent et notre éternité. Tout en soulignant qu’évangéliser consiste aussi à entrer dans ce que Dieu a déjà commencé : « Notre part est de planter ou d’arroser, mais pas de faire tout le travail. Une maman ou grand-maman a peut-être déjà prié pour la personne à qui vous allez témoigner ». Ils insistent aussi sur l’aspect relationnel de l’évangélisation : « Allons vers les autres avec amour, sans rien attendre en retour ». Pour les deux frères, qui ont commencé à témoigner dès leur conversion, d’abord auprès de collègues puis partout où l’occasion se présentait, le plus beau est de voir des personnes s’approcher de Dieu.
Pas besoin d’être un « pro »
« Il est faux de croire qu’il faut avoir un certain type de caractère ou des dons particuliers pour évangéliser », relèvent Alexandre et Jérémie. L’essentiel tient plutôt en trois adjectifs : être authentiques, intentionnels et disponibles, par exemple en ouvrant son agenda le dimanche soir et en priant que Dieu prépare un rendez-vous divin dans la semaine. « La foi apporte de la profondeur dans nos vies, et c’est ce qui touche les gens que nous côtoyons. Notre intimité avec Jésus nous donne de la joie au quotidien. C’est aussi notre ressemblance avec lui qui va les attirer », souligne Alexandre. Et à ceux qui assimilent l’évangélisation à du prosélytisme, Jérémie fait remarquer qu’entre partager une idée ou une croyance et obliger une personne à y adhérer, la distance est grande.
Des pistes concrètes pour témoigner
On l’aura compris, l’évangélisation est d’abord un mode de vie plutôt qu’une méthode. Toutefois, la lecture de « Simple comme bonjour » vaut le détour. D’abord, parce que la passion des frères de Pablos est communicative, et les nombreux témoignages relatés dans le livre inspirants. Mais également pour les outils concrets qu’il recèle, comme partager l’Évangile avec des mots d’aujourd’hui, savoir entamer une discussion, apprendre à écouter Dieu pour soi-même et les autres, vivre le don de guérison dans sa réalité, ou encore préparer son témoignage en trois étapes. Afin de passer de la théorie à la pratique, chaque chapitre se referme avec une impulsion « À vous de jouer » et des « focus » agrémentent la lecture. Sans oublier les nombreuses citations et références bibliographiques.
Les obstacles à l’évangélisation
Pour les jeunes auteurs, le principal obstacle à l’annonce de l’Évangile en Europe est le manque de temps. Par ailleurs, le doute que Dieu peut agir dans la vie de ses interlocuteurs ou la peur d’être rejeté peuvent être des freins. Toutefois, les frères de Pablos enjoignent les chrétiens à ne jamais avoir honte de leur foi, car croire en Dieu n’est pas plus étrange que d’autres croyances actuelles. Et Jérémie de rappeler l’héritage positif laissé par les Églises et les chrétiens à travers les siècles, tels la création des premiers hôpitaux et universités. Au niveau suisse romand, le pasteur jeunesse mentionne la fondation de la Croix-Rouge par Henri Dunant ou encore celle de l’école d’infirmières « La Source » par Valérie Gasparin, tous deux chrétiens engagés.