« Je n’aime ni le bonheur qui se vend, ni le 'hold-up' de la joie. La liberté, par contre, j’y crois ! »

vendredi 27 novembre 2020

Quatre dimanches de l’Avent… et quatre personnes qui prennent la plume pour apporter une réflexion autour d’un mot qu’ils ont choisi. Ce dimanche 29 novembre, Robin Reeve, 56 ans, professeur à la HET-PRO, nous parle de LIBERTÉ. « Car Jésus est venu nous libérer de nos enfermements. »

 

Bien sûr il y a ce semi-confinement qui pèse lourdement. Le quidam se sent à l’étroit entre ses murs, en manque de relations sociales. « Mais les plus grandes prisons sont intérieures, estime Robin Reeve. Y règnent aussi souvent les souffrances les plus compliquées. » Or, ce professeur en Ancien Testament en est convaincu, il y a moyen d’en sortir. « Mais c’est un combat. Et un chemin », prévient-il. Pour lui, la période que l’on traverse est en effet comme une incitation à découvrir ou redécouvrir cette notion de liberté qu’offre l’Evangile : « Car Jésus est véritablement venu libérer les femmes et les hommes emprisonnés dans leur quotidien fait d’impératifs, d’obsessions et de devoirs à accomplir. Comme aussi de désarrois intérieurs, de pertes de repères. »

Attente et confiance en Dieu

Au bénéfice de trois stents, diagnostiqué diabétique il y a tout juste un an, Robin Reeve est une personne dite « à risques » face au Covid-19. Alors, oui, il se doit d’être particulièrement prudent. « Mais je vis ma fragilité comme un aimant qui me tire vers le haut. » Et cet homme, les yeux attentifs à l’autre derrière le verre de ses lunettes, d’expliquer pouvoir encore se sentir parfois comme Jonas dans les tréfonds de la mer. « Avec pourtant ce regard, cette attente et cette confiance en Dieu ». Le bonheur ? Il n’y croit pas. Du moins pas comme le présentent toutes sortes de charlatans qui semblent aussi avoir mainmise sur la joie. Et notre homme de parler alors du « hold-up de la joie », parmi d’autres formules choc qu’il affectionne. « Mais la liberté, j’y crois, dit-il simplement. En fait, dans ce temps de pandémie, Dieu me ramène à moi-même. Me libère de mes pressions et de mes stress habituels pour me donner comme une impulsion nouvelle. Et c’est cela que j’aimerais dire : ma vie, ce sont mes dons, les désirs profonds de mon être. Je pense que Dieu veut que je devienne pleinement moi-même pour que je puisse par la suite me réinvestir dans le monde de façon libre et plus authentique. »

« J’ai un super Christ »

Le professeur au visage encadré par une barbe et des cheveux très courts cite enfin Esaïe 61, Colossiens 3 ou Luc 4 verset 18, précise-t-il, comme si l’on parlait d’amis communs pour affirmer que la période de l’Avent nous dit précisément ceci : que Jésus est venu nous offrir cette notion de liberté face à un monde qui nous enchaîne, « que ce soit par l’excès de responsabilités ou d’engagements ». Il y a là un essentiel à retrouver. Un ferment de foi à faire grandir. « Pour que l’attachement à Christ prenne le pas sur les pressions habituelles et la morosité ambiante. » Mais le professeur ne se veut pas dogmatique : « Je dis cela sans être un super chrétien pour autant, glisse-t-il. Mais j’ai un super Christ ! »

Gabrielle Desarzens

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