Liban : le mariage des enfants dans le collimateur de Catherine Mourtada

jeudi 23 août 2018

C’est l’une des conséquences de la crise syrienne : toujours plus de jeunes réfugiées se font marier à 12 ou 13 ans. Le fléau concerne aussi des Libanaises issues de milieux défavorisés. Dans le quartier sud de Beyrouth, à Hey L’Gharby, Catherine Mourtada se bat pour l’éducation et la formation de ces adolescentes. Une émission à écouter dimanche 26 août sur RTS La Première.

Le centre d’éducation et de santé Tahaddi  de Catherine Mourtada se dévoile derrière un lourd portail coulissant bleu clair. Les habitations du quartier qui l’abrite n’ont souvent ni électricité ni eau courante. Plusieurs familles syriennes ont trouvé refuge dans ces ruelles poussièreuses. « Les jeunes filles qui se marient de manière précoce sont souvent issues de milieux défavorisés, explique Catherine Mourtada, une enseignante vaudoise installée depuis plus de 20 ans au Liban. Les parents ont de la peine à trouver du travail et à avoir assez d’argent pour nourrir leurs enfants. Une fille qui se marie c’est ainsi une bouche de moins à nourrir. Les réfugiés qui se trouvent dans un pays étranger ont aussi une peur plus grande qu’il arrive quelque chose à la jeune fille : qu’elle soit enlevée, ou qu’elle tombe amoureuse d’un jeune homme que la famille n’aurait pas choisi. »

Traumatisme

Avec la crise syrienne, le nombre de ces mariages d’enfants a beaucoup augmenté. Selon une dernière étude menée en 2017, on a assisté à une hausse de 9% de ces mariages parmi les jeunes Syriennes réfugiées au Liban depuis le début de la guerre, mais aussi de 1,4% parmi les Libanaises. Dans l’enceinte de Tahaddi, Fadia, 38 ans, explique avoir eu 5 garçons depuis son mariage célébré à 13 ans. Elle confie ne pas avoir su ce qui l’attendait le jour de ses noces, non sans ajouter son intention de se battre pour qu’aucun de ses fils ne se marie de façon précoce. « Il y a peu, une jeune femme de 22 ans, mère d’une enfant de 8 ans, est venue me raconter que le jour de son mariage, alors qu’elle avait 13 ans, on l’a amenée chez le coiffeur sans rien lui dire, raconte encore Catherine Mourtada. Elle était contente d’être bien habillée. Puis un de ses oncles est venu vers elle et l’a embrassée. Ses parents lui ont dit qu’elle devait partir avec lui, qu’elle allait devenir sa femme. Cela a été un traumatisme horrible. Ces mariages sont très rarement satisfaisants. Les filles doivent arrêter l’école. Elles ne peuvent pas se former professionnellement. Beaucoup de femmes qui participent à nos cours d’alphabétisation, d’informatique ou de couture réalisent un rêve : celui d’acquérir des compétences qui leur permettront par la suite de gagner de l’argent, d’être financièrement indépendantes. » L’émission Hautes Fréquence de dimanche 26 août, à 19h sur RTS La Première, donne la parole à Catherine Mourtada ainsi qu’à divers acteurs concernés par la problématique.

Gabrielle Desarzens

 

Publicité
  • Le Christ s’est arrêté au Mormont

    Le Christ s’est arrêté au Mormont

    La première « zone à défendre » (ZAD) de Suisse occupe la colline du Mormont, sur les communes vaudoises de La Sarraz et d’Eclépens, pour empêcher l’entreprise de ciment Holcim de s’étendre. Luc Badoux, pasteur du lieu, est allé à la rencontre des militants comme aussi la diacre Lyne Gasser. Un Noël chrétien au Mormont ? Reportage diffusé le 20 décembre 2020 sur RTS La Première.

    vendredi 18 décembre 2020
  • De multiples paroisses responsables

    De multiples paroisses responsables

    Les faitières des Eglises de Suisse - dont le Réseau évangélique suisse - soutiennent l’initiative pour des multinationales responsables. Est-ce légitime ? Les églises peuvent-elles ou doivent-elles se mêler de politique ? Si les avis divergent, « le pasteur ou le curé ne doit surtout pas donner de mot d’ordre en matière de votation », a estimé dimanche 1er novembre dans Hautes Fréquences Claude Ruey, ancien conseiller d’Etat PLR. Il votera pourtant oui.

    lundi 02 novembre 2020
  • «Sophie Pétronin, une mère tirée des sables» par Gabrielle Desarzens

    «Sophie Pétronin, une mère tirée des sables» par Gabrielle Desarzens

    Sophie Pétronin, 75 ans, otage française au Sahel, a été libérée jeudi 15 octobre. Son fils, Sébastien Chadaud Pétronin, a lutté 4 ans pour sa libération. Dans Hautes Fréquences, dimanche 25 octobre, il parle des retrouvailles avec sa mère et revient notamment sur la conversion de celle-ci à l’islam et sur le décès présumé de la Suissesse Béatrice Stockly.   

    lundi 26 octobre 2020
  • « La persécution est vive… mais nous avons la vie en abondance ! »

    « La persécution est vive… mais nous avons la vie en abondance ! »

    « Quand un Peul se convertit au christianisme, il connaîtra vraisemblablement la violence physique, la privation, le bannissement de sa communauté… mais aussi les trésors de Dieu en termes de pardon, d’amour et de paix. » C’est ce que rapporte Boureima Diallo, pasteur de Jam Tan au Burkina Faso, rencontré lundi 28 septembre dans les locaux de l’ONG Portes Ouvertes à Romanel-sur-Lausanne.

    mardi 29 septembre 2020

eglisesfree.ch

LAFREE.INFO

Instagram

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !