L’Eglise La Passerelle investie dans le don de nourriture pour près de 500 personnes

mercredi 27 mai 2020 icon-comments 1

Dans l’opulente Riviera lémanique, à Vevey, près de 500 personnes viennent chercher chaque semaine des produits alimentaires frais dans les locaux de l’Etape. « Le semi-confinement a plus que triplé le nombre de personnes dans le besoin », commente sur place Jean-Blaise Roulet, pasteur de l’Eglise La Passerelle (FREE), partie prenante de cette aide.

Un mardi après-midi derrière les anciens Ateliers mécaniques de Vevey. Des personnes attendent leur tour devant l’enseigne de l’Etape. Ici, pas de cornet préparé à l’avance avec des pâtes ou du riz. L’un après l’autre, les bénéficiaires se dirigent avec leur propre sac à commissions dans les locaux de l’association et choisissent les produits frais qui leur font envie. Viande, poisson, pain, fruits, légumes… Autant d’aliments qu’ils ne parviennent plus à payer, à l’image de cette femme qui dit être masseuse et naturopathe, et n’avoir plus de clients depuis deux mois. « Donc plus de rentrées financières, dit-elle posément. Mais ce n’est pas dur de venir ici. Tout le monde est souriant, agréable… »

Suisses dans le besoin

A l’intérieur, le gérant Michel Botalla, ancien ingénieur en informatique, explique que selon les derniers chiffres, 32% des bénéficiaires qui viennent ici sont Suisses. « Il y en avait moins avant », souligne-t-il. L’homme indique avoir été lui-même touché par la précarité par le passé, suite à un burn-out. « Aujourd’hui, je suis quand même surpris de la détresse de plusieurs personnes. J’ai reçu des dizaines et des dizaines de messages d’hommes et de femmes qui ne savaient plus quoi faire, dans cette phase de Covid-19. C’est bien qu’on soit là ! » Cerise sur le gâteau : Michel Botalla a développé un logiciel qui permet à chacun de s’inscrire par téléphone le matin même. En retour, tous reçoivent sur leur portable un numéro avec une heure estimée de passage, pour éviter l’attente qui était parfois longue et pénible. « Il faut dire que de 80 bénéficiaires avant le coronavirus, on est passé à plus de 200 par après-midi de distribution. Et nous sommes ouverts deux après-midis par semaine », explique Jean-Blaise Roulet, pasteur de La Passerelle (FREE).

Décalage…

d878ad98 9724 40d9 abbb 604181e11450Le bouche à oreille aidant, des bénéficiaires viennent du chablais, de Lausanne et même parfois d’Yverdon. « Aujourd’hui, on continue à recevoir ceux du Chablais, car ils n’ont rien dans leur région de similaire, déclare le gérant. Les autres, on les a réorientés sur les aides de leur ville. Cela dit, 85% de nos bénéficiaires habitent Vevey et la Riviera ! » La Riviera lémanique… « Un lieu où les propriétaires de gros 4/4 côtoient celles et ceux qui ont faim : ce décalage surprend et reste difficile à gérer ! », s’exclame Jean-Blaise Roulet. En ajoutant que son moteur à lui est ce Jésus, « qui s’identifie aux plus pauvres. Après, ma présence ici ne passe pas par la proclamation de l’Evangile, mais par l’écoute, la bienveillance, la prière, aussi. En fait, des lieux comme celui-ci nous apprennent à donner. Sans rien attendre en retour. C’est précieux. »

Gabrielle Desarzens

  • Encadré 1:

    L’association l’Etape, qui est devenue « Partage Riviera » et qui regroupe aujourd’hui aussi le « Coup de pouce » de Clarens (un autre lieu de distribution de nourriture ndlr), a 20 ans d’existence. Table suisse, son principal partenaire pour les denrées alimentaires, récolte les invendus dans les grandes enseignes et les lui apporte. La Passerelle, La Chapelle de Clarens, l’Eglise réformée, l’Eglise catholique, l’Eglise adventiste et L’Eglise du Réveil sont partenaires au sein de l’association et assurent la présence d’un aumônier à chaque distribution. Parmi ceux-ci : Jean-Blaise Roulet.

    « Partage Riviera » bénéficie de la confiance et du soutien des autorités politiques. « Nous avons reçu aussi CHF 28’000.- de la Chaine du Bonheur pour financer des achats de nourriture », souligne le pasteur de La Passerelle.

1 réaction

  • Simone Givel lundi, 01 juin 2020 21:03

    Merci à Mme G. Desarzens de nous faire connaître ces secouristes par ex. M. JB Roulet dont le moteur est Jésus "qui s'identifie aux plus pauvres". La solidarité est le moyen par excellence de propager concrètement la Bonne Nouvelle. Simone Givel

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