Pascale Bardet donne le la à 200 chanteurs de gospel

mercredi 06 avril 2011
Elle fait face à 200 chanteurs sur des airs de gospel. Pascale Bardet est une cheffe de choeur énergique. Cette méridionale raconte ce qui la motive à se lancer pour la troisième fois dans une série de méga-concerts au Temple du Bas à Neuchâtel.
Pascale Bardet a le soleil du Sud dans la voix. Le cheveu coupé court, le regard alerte, le geste précis, elle a gardé l’accueil pétillant des Méditerranéens jusque... dans son partage du chant. Et comme la cigale de son pays nîmois, elle vocalise où qu’elle se trouve, au volant de sa voiture comme dans sa cuisine : « Le fait de chanter amène du bien-être, cela force à respirer ; et à exprimer des choses qu’on n’exprimerait pas par la parole », dit-elle tout de go. A la tête de la Chorale de la Rochette depuis 25 ans, cette Française parachutée à Cortaillod par mariage a toujours gardé l’amour de la musique dans ses bagages, et notamment le chant choral. « Chanter ensemble, cela donne une force folle, imaginez : on affirme des choses comme ‘Seigneur, on te fait confiance, on veut que tu diriges nos pas, nos vies’... Quand on professe cela à 200, je vous assure que ce n’est pas anodin ! »

Depuis 3 ans, le répertoire de ce qui est à l’origine le chœur de l’Eglise évangélique de la Rochette (FREE) s’articule sur des chants gospel qui « bottent bien à l’oreille » de sa directrice ; et qui ont fait grossir les rangs des chanteurs de dizaines de jeunes. Des chorégraphies sur quelques morceaux (voir page 6) et un mime pour la première fois cette année viennent compléter les concerts mis sur pied dans le Temple du Bas à Neuchâtel pour les 1000 ans de la ville *. « On s’inscrit dans les festivités prévues et on prie pour la cité. On le chante, d’ailleurs », souligne Pascale Bardet. Pour elle, le gospel permet aux gens – qu’ils chantent ou qu’ils écoutent – d’être encouragés sur leur chemin de foi, où qu’ils en soient. « C’est en tous les cas ce que j’expérimente personnellement ! »

Un message de joie

Le désir de cette femme : transmettre quelque chose de vrai et un message de joie. « Par le chant, on apprend à extérioriser ce que l’on vit de façon intime notamment spirituellement ; et je pense que cela devrait se voir et s’entendre que l’on est chrétien ! » Dans le salon de cette femme de 49 ans, un piano, des partitions, et puis de grandes baies vitrées sans rideaux, qui laissent le regard porter loin. « Le mot gospel signifie Evangile. On véhicule la Bonne nouvelle, à l’américaine, c’est vrai, mais c’est une très belle aventure », indique-t-elle. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le premier chant des récitals répète le verset de Jean 3.16 en boucles : ‘Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique...’

Enseignante de « langage musical » au conservatoire de Neuchâtel, cette mère de trois enfants adultes – tous engagés dans les spectacles – précise encore que le chant permet de fixer des choses dans la mémoire. « Je me souviens moi-même de mélodies et de couplets que je chantais enfant... » Pour les non-anglophones du groupe et du public, les paroles sont traduites. « On chante aussi en espagnol, et mon mari, chanteur lui aussi, indique volontiers que cela nous fait nous mettre à la place de chrétiens d’autres pays, que cela élargit nos horizons. » 

Au programme des concerts, une dizaine de pièces orchestrées par des musiciens sur scène. « Pour les autres, on a des bande-son ». Si l’énergie déployée est immense avec 2 répétitions par semaine, l’exercice 2011 devrait être le dernier pour cette directrice pourtant encore pleine d’idées et de dynamisme... « Après 25 ans, il est temps que je passe la main, non ? »
Gabrielle Desarzens

* Les 4, 6 et 7 mai à 20h15 (ouverture des portes à 19h30), le 8 mai à 17h. Entrée gratuite.
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