Marc-André et Bibiana Porret sont repartis en Colombie avec leurs trois enfants en 2009.

lundi 14 mars 2011
Marc-André et Bibiana Porret sont repartis en Colombie avec leurs trois enfants en 2009. Revenus en Suisse pour quelques jours, nous les avons rencontrés.
 « En douze ans d’absence, les choses ont beaucoup changé en Colombie », fait remarquer Marc-André Porret. « Le pays s’est beaucoup modernisé, presque chacun dispose d’un téléphone portable, la sécurité est revenue, les gens osent se déplacer. Mon ministère en est modifié.»
Ce n’est pas la première fois que Marc-André Porret se rend en Colombie. Quittant Fresens, sur les hauteurs du lac de Neuchâtel, le jeune menuisier se rend en Colombie en 1988 pour apprendre l’espagnol. Et aussi pour prendre contact avec une institution recueillant des enfants en difficulté. En dehors de quelques courts séjours dans son village natal, il y reste onze ans, se forme dans une école biblique à Bogota et rencontre celle qui deviendra son épouse, Bibiana. Ensemble, ils fondent avec quelques jeunes Colombiens une petite mission, Avencemos, pour relancer un travail d’évangélisation dans des zones isolées où la mission Wycliffe a préparé le terrain par la traduction de la Bible. Sentant cette étape achevée, ils reviennent en 1999 pour s’établir à Fresens, où Marc-André reprend un travail et se réengage activement dans l’Eglise FREE de la Béroche.
Mais la mission est chevillée au cœur de Marc-André et Bibiana. Avec leurs trois enfants, ils repartent en 2009 à Maraquita, à quatre heures de voiture de Bogota, lui pour un ministère d’encouragement des pasteurs isolés, elle pour donner toute son attention d’enseignante spécialisée aux enfants handicapés dans une fondation qui leur ouvre ses portes. Deux pôles complémentaires ? Pas vraiment à première vue, sauf que tous deux demandent beaucoup de cœur pour les  laissés-pour-compte.
 
Des pasteurs laissés-pour-compte
Les Eglises évangéliques sont bien implantées en Colombie. De grandes Eglises se sont développées dans les villes importantes, en particulier dans la capitale. « Mais la vie est rude pour beaucoup de pasteurs », constate Marc-André. « Avant, il fallait lutter contre le légalisme. Maintenant, la course au succès et l’Evangile de la prospérité font des ravages. Le bien-être matériel est reçu comme signe de la bénédiction divine, et les pasteurs qui n’ont que peu de moyens ou de succès visible sont considérés comme peu spirituels ! Ils sont facilement laissés pour compte, et ils ont très peu d’amis.» C’est d’eux que Marc-André veut être proche pour les visiter, les encourager, contribuer à leur formation.
Visiter des pasteurs isolés passe par des tournées conduisant Marc-André jusqu’à 500 ou 1000 km de chez lui. « Mais je ne vais jamais seul : je remplis la voiture de jeunes Colombiens, afin qu’ils découvrent leurs capacités missionnaires. Ils ont le potentiel, mais ils ont trop longtemps été imprégnés de l’idée que la mission était du ressort des étrangers. »
Avencemos est toujours actif etMarc-André comme Bibiana ont retrouvé leurs amis. Mais pour développer d’autres relations et bénéficier d’un coaching, Marc-André a rejoint l’organisation One Challenge International, avec laquelle a travaillé notamment l’évangéliste Luis Palau. Une mission qui vise à accompagner chaque collaborateur selon la vision qu’il a reçue, d’en vérifier la cohérence et encourager son application.
La famille Porret est heureuse à Maraquita. Mais les défis importants. « Je suis parfois effrayé par l’ampleur de la tâche, et je ne me sens pas qualifié », confie Marc-André, qui se forme à côté de son ministère comme aumônier. «Et puis, pour un timide, prendre tous ces contacts!… Je compte simplement sur la grâce de Dieu ! »
Et pour La Béroche ?
Le départ de cette famille avec trois enfants de 8 à 12 ans n’a pas été dépourvu de questions pour leur Eglise : comment s’adapteront les enfants ? Y a-t-il un projet suffisamment clair ? Et le soutien financier ? « La fidélité de nos amis est touchante », dit à ce sujet Marc-André, « nous n’avons manqué de rien !» (1). Aujourd’hui, l’adhésion de la communauté à ce projet est acquise. Leur ministère alimente même la fibre missionnaire de la Béroche.
Jean-Charles Moret
(1) Marc-André et Bibiana Porret sont soutenus par leur Eglise et leurs amis. Reconnus dans leur appel et leur ministère par la FREE, ils bénéficient d’une participation de notre fédération pour leurs charges sociales.

  • Encadré 1:
    Pour soutenir Marc-André et Bibiana Porret en Colombie, vous pouvez verser vos dons sur le compte de la FREE : 10-138-1 avec la mention : Marc-André et Bibiana Porret. D’avance merci !
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