Fanny Gallay au Bangladesh : un séjour qui lui permet de mûrir son appel

lundi 12 janvier 2009

Le Bangladesh... Capitale : Dacca... C’est à l’autre bout du monde ! Fanny Gallay de l’Eglise évangélique des Marronniers à Rolle s’est rendue sur place. Elle est entrée « dans les baskets » de la famille Negrini pour y aider à l’enseignement des enfants. Une expérience importante pour une institutrice qui réfléchit à un engagement missionnaire. Témoignage.

« Ça vaut le coup de prendre des risques avec Dieu ! » Fanny Gallay, 23 ans, de l’Eglise évangélique des Marronniers à Rolle, vient de rentrer d’un séjour de 3 mois au Bangladesh. Cette institutrice, diplômée l’été dernier, s’est engagée à « faire l’école » aux enfants de Jean-François et Anne Negrini, de septembre à décembre 2008. Jean-François travaille comme chirurgien avec la Mission évangélique contre la lèpre à l’hôpital de Nilphamari, en pleine « brousse » bangladaise.
« C’est comme si cette expérience avait été taillée sur mesure, explique Fanny. Je me suis fait de véritables amis des Negrini et je me suis enrichie tant du point de vue professionnel que personnel ! » Fanny avait renoncé à entrer dans l’enseignement dès la rentrée 2008 et envisageait d’être sans emploi début 2009. « A Nilphamari par courriel, j’ai reçu pas moins de 4 offres d’emploi pour le début de l’année civile... Dieu a pourvu ! » Et elle vient de commencer à enseigner dans une classe de 2e année à St-Prex.

L’occasion de mûrir un appel missionnaire
« Depuis longtemps, je ressens un appel à un engagement missionnaire, relève Fanny Gallay. Cette expérience au Bangladesh m’a permis de mûrir cet appel. » En voyant vivre la famille Negrini, cette jeune institutrice a réalisé les renoncements que comportait un tel engagement. « Cette famille rentre tous les 3 ans en Suisse, explique Fanny. Ça implique passablement de sacrifices du point de vue des amitiés. On en garde certaines, mais on perd le fil des relations avec beaucoup d’autres personnes. Les Negrini vivent par ailleurs loin de tout centre urbain et Anne est devenue la reine du stock de nourritures en tout genre ! » En « faisant l’école » à Elina, 10 ans, Maïka, 7 ans, et Naeva, 4 ans, trois des 4 enfants Negrini, Fanny a aussi réalisé que ces petits Suisses, qui aiment le fromage et le cenovis, sont en fait des déracinés. Ils sont originaires de Suisse, suivent un programme scolaire français et vivent dans le nord perdu du Bangladesh ! La jeune institutrice souligne enfin la difficulté de ne pas connaître de vie d’Eglise régulière. « En vivant dans un pays majoritairement musulman sans en parler la langue, on redécouvre le privilège de pouvoir participer à un culte chaque dimanche ! »

En cas de départ, une formation à poursuivre !
Pour l’heure, Fanny Gallay a véritablement commencé son travail d’institutrice dans l’enseignement public vaudois. Elle fréquente... et envisage de poursuivre le mûrissement de son appel avec celui qui pourrait devenir son mari. Lui se verrait plutôt engagé dans un service chrétien en Suisse ! « Peut-être que je me suis un peu trop focalisée sur le stéréotype du missionnaire qui part très loin à l’étranger, constate-t-elle. Nous allons voir ! C’est vrai qu’on peut être missionnaire en Suisse aussi ! »
Si elle partait tout de même pour un engagement à l’étranger à long terme, Fanny souhaiterait apprendre la langue du pays. « Ne pas parler le bengali a constitué un véritable fossé entre moi et les gens du pays. De plus, j’ai passé le plus clair de mon temps avec des expatriés, donc je suis restée pour les gens là-bas la blanche qui travaille avec la mission. » Si elle s’engageait pour un service à long terme, Fanny souhaiterait aussi compléter sa formation dans le domaine théologique. Notamment en apprenant à connaître davantage la culture et la religion de l’éventuel pays d’accueil. « Au Bangladesh, relève-t-elle, je n’ai pas compris pourquoi les Bangladais, majoritairement musulmans, n’ont pas accès à leur livre saint dans leur langue, pourquoi les jeunes filles sont mariées pour beaucoup à 14 ans, et pourquoi, si l’on est une femme de plus de 20 ans, seule dans ce pays, on apparaît souvent comme une fille facile, voire une prostituée... »
Et Fanny de conclure : « Avant de partir, j’étais tout feu, tout flamme pour mon engagement missionnaire. Je reviens plus réaliste. Cela me permettra d’éviter de prendre une « baffe » en m’engageant sans trop savoir au devant de quoi je vais ! »
Serge Carrel

Pendant ses 3 mois au Bangladesh, Fanny Gallay a tenu un blog que vous pouvez consulter ici.

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