Union des responsables religieux vaudois face à Christchurch

mardi 19 mars 2019

Quelque 100 personnes se sont réunies à Lausanne lundi soir 18 mars à l’appel des responsables religieux vaudois pour dénoncer les attentats terroristes de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Parmi eux, Christian Monod, pasteur à l’église évangélique de Lazare, à Bussigny.

« Nous sommes tous en deuil », c’est notamment ce qu’a déclaré Sandrine Ruiz, présidente de l’Union vaudoise des associations musulmanes sur la place St-François, au centre de Lausanne. Une présidente qui a parlé de lutte contre l’obscurantisme et contre les extrémismes qui guettent toutes les religions. A ses côtés et face à beaucoup de jeunes, Dominique Voinçon, délégué catholique pour le dialogue interreligieux avait, juste avant elle, parlé de l’appel à la fraternité universelle lancé récemment par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, indiquant « qu’il faut maintenant vraiment entrer dans cette fraternité avec celle et celui qui a une autre religion que la sienne ». Au nom de la FEV (Fédération évangélique vaudoise), Christian Monod a pour sa part exprimé son dégoût face à cet acte barbare qui a coûté la vie à de nombreuses victimes : « Le vivre-ensemble auquel nous sommes appelés est un objectif à viser et le drame de Christchurch nous enseigne qu’il faut toujours remettre l’ouvrage sur le métier ; c’est à poursuivre, faut-il le préciser, d’abord ici en terre vaudoise, avant de le proposer ailleurs, car rien n’est jamais acquis définitivement. »

Première action commune

Ces responsables religieux vaudois sont les membres de la toute nouvelle plateforme interreligieuse née en ce début d’année. Elle réunit réformés, israélites, catholiques romains, anglicans, catholiques chrétiens, musulmans et évangéliques. La manifestation de lundi soir 18 mars a constitué leur première action. Une action qui a voulu marquer une solidarité commune face à des attentats qui stigmatisent une communauté particulière, comme les musulmans en l’occurrence dans le cas de Christchurch.

Être solidaire ensemble

La solidarité interrreligieuse ne s’est pas exprimée seulement par le discours. Pour Line Dépraz, conseillère synodale de l’Eglise évangélique réformée vaudoise, il est d’ailleurs difficile de se faire entendre par la parole uniquement. Par contre, « être ensemble dans un même lieu ne peut pas être contesté » et fait sans doute plus de bruit. Les quelques prises de parole ont d’ailleurs été brèves. Et le recueillement s’est fait très simplement, pendant une heure environ, autour de quelques bougies déposées par terre.

Selon Dominique Voinçon, l’objectif est de retenir finalement qu’être attaqué en vertu de sa religion, de sa couleur de peau ou de son orientation sexuelle est inadmissible. Indiquant « qu’aimer l’autre ça nécessite une éducation », il a enfin souligné que les responsables religieux, du moins sur Vaud, sont ensemble, mobilisés, pour montrer que la religion est, et doit être, avant tout un vecteur de paix.

C'est vendredi 15 mars qu'une attaque terrosite a visé deux mosquées de la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande. L'Australien Brenton Tarrant, un islamophobe et fasciste autoproclamé de 28 ans, a tué 50 fidèles qui étaient en train de prier. Les victimes étaient âgées de 2 à 60 ans et près d'une cinquantaine de personnes, dont des dizaines d'enfants, ont été blessées.

Gabrielle Desarzens

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